Horaires de travail : les plannings, outil de suivi et de gestion

En tant qu’employeur, vous êtes tenu de communiquer les horaires de travail à vos salariés.

Les horaires collectifs de travail doivent faire l’objet d’une communication qui peut prendre la forme d’un affichage dans les locaux (voir notre article ici).

Les horaires individualisés sont à communiquer individuellement à chaque salarié.

Au-delà de la communication des horaires préalablement à leur réalisation, un suivi des horaires est nécessaire pour disposer des informations nécessaires à l’établissement des bulletins de paie de vos salariés et pour orienter la gestion des ressources humaines :

  • déduire les heures d’absences
  • décompter et rémunérer les heures supplémentaires correctement
  • gestion du contingent d’heures supplémentaires et repos compensateur
  • veiller au respect des durées maximales de travail et de repos (journalières, hebdomadaires, etc.)
  • s’assurer de la charge de travail permettant de déterminer les besoins de recrutement

Afin de réaliser ce suivi, la mise en place de plannings individualisés est nécessaire, même en cas d’horaires collectifs : les salariés peuvent être amenés à effectuer des heures supplémentaires et/ou être absent pour diverses raisons.

Ces plannings peuvent être établis à la semaine ou au mois (à adapter selon l’organisation et les nécessités de votre entreprise). Ils font l’objet de la signature de l’employeur et du salarié en fin de période et sont à conserver.

De nombreux contentieux prud’hommaux portent sur la réalisation d’heures supplémentaires non rémunérées : charge à chaque partie d’apporter des preuves de ce qu’elle prétend. Des plannings signés par l’employeur et le salarié peuvent alors constituer un élément de preuve.

Notre cabinet est à votre disposition pour aider à la mise en place de ce suivi.

Emploi de personnel : Affichage obligatoire et diffusion d’informations

En tant qu’employeur, vous avez des obligations d’information à l’égard de vos salariés sur le lieu de travail. Il s’agit d’informations concernant de nombreux domaines : médecine du travail, discriminations, congés payés, convention collective, règlement intérieur…

Cette obligation d’informations prend généralement la forme d’un affichage sur le lieu de travail. Mais il peut être remplacé par une diffusion de l’information par tout autre moyen garantissant un accès équivalent, comme sur le site intranet de votre entreprise ou même par courriel.

Ces obligations différent selon l’effectif de votre entreprise.

Informations à communiquer dans toutes les entreprises

Type d’informationContenuRéférences juridiques
Inspection du travailAdresse, nom et téléphone de l’inspecteur du travail compétent. Conditions de communication aux salariés mises en œuvre par l’employeur communiquées au préalable à l’agent de contrôle de l’inspection du travail.Article D4711-1 du code du travail
Service d’accueil téléphoniqueN° de téléphone : 09 69 39 00 00
Demandes d’information et de conseil sur les discriminations et sur les conditions de saisine du Défenseur des droits.
 
Médecine du travail et services de secours d’urgenceAdresse et numéro de téléphone du médecin du travail et des services de secours d’urgence (pompiers, SAMU, etc.).Article D4711-1 du code du travail
Consignes de sécurité, d’incendie et avertissement de zone de dangerConsignes incendie selon la norme NF EN ISO 7010. Noms des responsables du matériel de secours et des personnes chargées d’organiser l’évacuation en cas d’incendie.Article R4227-37 du code du travail
Convention ou accord collectif du travail*Avis comportant l’intitulé des conventions et accords applicables dans l’établissement.Articles R2262-1 à R2262-3 du code du travail
Égalité professionnelle et salariale entre hommes et femmes*La réglementation relative à l’égalité de rémunération entre les salariés des deux sexes.Article R3221-2 du code du travail
Horaires collectifs de travailHoraire de travail (début et fin) et durée du repos.Article L3171-1 du travail
Durée du travailRépartition du temps de travail en cas d’aménagement du temps de travail sur tout ou partie de l’année et modifications.Article L3121-44 du code du travail
Repos hebdomadaireJours et heures de repos collectifs (si le repos n’est pas donné le dimanche).Articles R3172-1 à R3172-9 du code du travail
Congés payés*Période de prise des congés (deux mois avant le début des congés). Ordre des départs en congés. Raison sociale et adresse de la caisse des congés payés à laquelle sont affiliés les employeurs d’artistes du spectacle et du bâtiment et des travaux publics.Articles D3141-6 et D3141-28 du code du travail
Lutte contre le harcèlement moral et sexuel*Dispositions légales relatives au harcèlement sexuel et moral, dans les lieux de travail ainsi que dans les locaux ou à la porte des locaux où se fait l’embauche. Coordonnées des autorités et services compétents suivants :médecin du travailinspection du travail et le nom de l’inspecteur compétentDéfenseur des droits.Les entreprises de plus de 10 salariés doivent aussi communiquer l’adresse et le numéro de téléphone du référent harcèlement sexuel.Articles L1152-4L1153-5D1151-1L1153-5-1 et L2314-1 du Code du travail
Lutte contre les discriminations*Texte des articles 225-1 à 225-4 du code pénal (informations devant les locaux ou à la porte où se fait l’embauche).Article L1142-6 du Code du travail
Interdiction de fumerInterdiction de fumer dans les locaux de l’entreprise.Article R3512-2 du code de la santé publique
Interdiction de vapoterInterdiction de vapoter dans les lieux de travail fermés ou couverts à usage collectif, sauf exceptions (lieux de travail accueillant du public, par exemple).Article L3513-6 du code de la santé publique
Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP)Conditions d’accès et de consultation du document.Articles R4121-1 à R4121-4 du code du travail
Panneaux syndicaux (selon conditions fixées par accord avec l’employeur)Panneaux pour l’affichage des communications syndicales :pour chaque section syndicale de l’entreprisepour les membres du comité économique et social (CSE) (à partir de 11 salariés).Articles L2142-3 et suivants du code du travail
Organisations syndicales*Disponibilité des adresses des organisations syndicales de salariés représentatives dans la branche dont relève l’entreprise sur le site du ministère du travail.Article L2141-7-1 du code du travail
Travail temporaire*Communication d’informations nominatives contenues dans les relevés de contrat de mission à Pôle emploi et à la DDETS (Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités). Droits d’accès et de rectification exercés par les intéressés auprès de Pôle emploi et de la DDETS.Article R1251-9 du code du travail
Rupture convention collective*Décision de validation par l’administration.Article L1237-19-4 du code du travail
* L’information peut également être communiquée par tout moyen autre que l’affichage

Informations à communiquer selon l’effectif de l’entreprise

ombre de salariésType d’informationContenuRéférences du code du travail
À partir de 11 salariésÉlections des membres de la délégation du personnel (tous les quatre ans) *Comité social et économique (CSE)Procédure d’organisation de l’élection des délégués du personnel au comité social de l’entreprise.Liste nominative des membres du CSE, indiquant leur emplacement habituel de travail et leur participation à une ou plusieurs commissions.L2311-1 et suivantsL2315-15
À partir de 50 salariésRèglement intérieur*Accord de participation*Plan de sauvegarde de l’emploiRègles en matière d’hygiène, de sécurité, de sanctions, etc.Information sur l’existence d’un accord et de son contenu.Décision de validation ou d’homologation par l’administration, ainsi que les voies de recours.R1321-1D3323-12L1233-57-4
* L’information peut également être communiquée par tout moyen autre que l’affichage

Notre cabinet est à votre disposition afin de vous apporter toute précision et vous assister dans la mise en œuvre de ces obligations.

Prime de partage de la valeur

Le Parlement a définitivement adopté la loi portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat prévoyant en son article 1 l’instauration d’une prime de partage de la valeur qui peut être mise en place dans les entreprises, soit par la négociation avec les représentants du personnel, soit par décision unilatérale de l’employeur (DUE).

Cette prime reprend l’essentiel des caractéristiques des primes de pouvoir d’achat (souvent dites « Macron ») ayant été rendues possibles à partir de 2019 et instaurent quelques nouveaux critères que nous présentons ci-après.

Quels bénéficiaires ?

Les bénéficiaires potentiels sont :

  • les salariés titulaires d’un contrat de travail ;
  • les personnels intérimaires dont l’entreprise est « utilisatrice ». L’entreprise doit alors informer l’entreprise d’intérim.

Les mandataires sociaux (dirigeants), non titulaires d’un contrat de travail, sont exclus.

Quels critères d’attribution ?

La prime a un caractère collectif. L’employeur peut néanmoins :

  • verser la prime à une partie de son personnel seulement, par exclusion d’une partie des salariés dont la rémunération est supérieure à un plafond déterminé par l’accord ou la DUE instituant la prime ;
  • fixer librement son montant qui peut donc être inférieur ou supérieur aux montants maxima exonérés avec des incidences différentes pour leurs bénéficiaires.

L’interdiction de substituer la prime à un élément de rémunération du salarié, qu’il soit prévu par accord, par contrat ou par usage, est maintenu.

Le montant de la prime peut toutefois tenir compte de différents critères :

  • le niveau de classification : c’est-à-dire que des salariés ayant la même classification auront tous la même prime de base (pouvant être modulé par les autres critères)
  • la durée effective de travail : il est possible qu’un salarié à temps partiel n’est pas la même prime qu’un salarié à temps complet ;
  • la durée de présence effective dans l’entreprise : c’est-à-dire prise en compte de l’absentéisme (hors absence maternité, paternité, congé parental d’éducation) ;
  • la rémunération ;
  • l’ancienneté du salarié dans l’entreprise : c’est-à-dire depuis quand il a été embauché sans exclure totalement les derniers embauchés.

Régime social et fiscal

La prime est exonérée à hauteur de 3 000 € par bénéficiaire et par année civile (6 000 € en cas d’accord d’intéressement dans l’entreprise) :

  • de cotisations sociales salariales et patronales d’origine légale et conventionnelle ;
  • d’impôt sur le revenu et de CSG et CRDS pour le salarié dans la mesure où sa rémunération des douze mois précédents ne dépasse pas 3 SMIC.

Au-delà des limites d’exonération, les cotisations sociales et l’impôt sur le revenu s’appliquent normalement.

En cas de versement en 2022 (avant le 31 mars) d’une prime de pouvoir d’achat (PEPA) ayant déjà bénéficiée des mêmes exonérations, le montant global de primes (PEPA + PPV) exonéré est limité à 6 000 € en 2022.

La prime, bien que non imposable, est incluse dans le revenu fiscal de référence. Elle pourra donc avoir une incidence sur les aides sociales que peuvent percevoir les salariés.

Montant et versement

Le montant de la prime n’est pas limité en soit. Les limites concernent les exonérations ci-avant.

Le versement de la prime peut être effectuée en 4 fois, à raison d’une fois par trimestre maximum, entre le 1er août 2022 et le 31 décembre 2023.

Formalisme

La mise en place de cette nouvelle prime nécessitera :

  • La définition de son montant et de ses critères d’attribution ;
  • La rédaction d’une décision unilatérale de l’employeur ou d’un accord d’entreprise ;
  • L’information de l’ensemble du personnel de l’entreprise ;
  • Le dépôt de la décision ou de l’accord auprès de la DREETS (inspection du travail).

Notre cabinet pourra vous accompagner dans ces démarches.

Indemnité inflation

Face à la hausse des prix, le gouvernement a annoncé une « indemnité inflation » fin octobre 2021, une mesure devant faire l’objet d’un vote du Parlement dans le cadre de la loi de finances rectificative n°2 pour 2021.

La loi a été adoptée par l’Assemblée Générale le 24 novembre dernier. Nous vous présentons ci-après les conséquences de l’article 13 traitant de cette indemnité. Votre entreprise, en tant qu’employeur, devra verser cette indemnité aux salariés concernés et remplissant les conditions d’attribution.

Quels sont les bénéficiaires ?

Les personnes concernées par le versement de l’indemnité inflation sont :

  • Les salariés ;
  • Les alternants âgés d’au moins 16 ans en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation ;
  • Les mandataires sociaux (chefs d’entreprises) rémunérés.

Les salariés dans les situations suivantes recevront l’indemnité de la part d’autres organismes (CROUS, URSSAF, CAF, DGFIP selon le cas) :

  • Les stagiaires ;
  • Les salariés en congé parental d’éducation total ;
  • Les salariés transfrontaliers résidant en France ;
  • Les salariés de particuliers employeurs (aide à domicile).

Quelles sont les conditions d’attribution ?

Pour bénéficier de l’indemnité, les personnes ci-dessus doivent remplir les trois conditions suivantes :

  • Exercer une activité en octobre 2021 ;
  • Résider en France ;

Percevoir une rémunération brute inférieure ou égale à 26 000 € sur la période de janvier 2021 à octobre 2021. Ce seuil est diminué au prorata de la durée de présence dans l’entreprise dans le cas d’une embauche.

Cas particuliers

  • Les salariés en cumul d’emplois en octobre 2021 : c’est à l’employeur principal de verser l’indemnité, c’est-à-dire celui pour lequel le salarié a effectué le plus d’heures de travail durant le mois d’octobre. Le salarié doit informer ses employeurs de sa situation et la justifier, c’est-à-dire fournir ses bulletins de paie à l’employeur devant lui verser l’indemnité.
  • Les salariés en CDD inférieur à 20 heures au mois d’octobre 2021 : l’employeur ne doit pas verser l’indemnité automatiquement. Le salarié doit demander à l’employeur avec lequel la relation de travail est toujours en cours ou à défaut, à celui pour lequel il a effectué le plus d’heures durant le mois d’octobre 2021.

Montant et versement de l’indemnité

Le montant de l’indemnité est de 100 € pour tout salarié y ayant droit quelque soit sa durée de travail ou sa présence dans l’entreprise.

Exemples :

  • Un salarié à temps partiel et un salarié à temps plein auront 100 € chacun.
  • Un salarié embauché même en septembre 2021 et un salarié présent dans l’entreprise depuis dix ans auront la même indemnité dès lors qu’ils remplissent les conditions d’attribution.

L’indemnité devra être versée en décembre 2021 ou janvier 2022. Elle figurera en bas de bulletin de paie sous l’intitulé « Indemnité inflation – aide exceptionnelle de l’Etat ».

Régime social et fiscal

L’indemnité est :

  • exonérée de charges sociales ;
  • exonérée d’impôt sur le revenu.

Remboursement de l’employeur

Le versement de cette indemnité ne coûtera rien à votre entreprise : le montant des indemnités versées sera déduit de vos cotisations URSSAF ou MSA.

Cas des travailleurs indépendants

En tant que travailleur indépendant, vous pourrez également bénéficier de l’indemnité si votre revenu d’activité net pour l’année 2020 déclaré à l’URSSAF était inférieur à 24 000 €. L’indemnité vous sera versée par l’URSSAF dont vous dépendez.